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activités

L’exploration des épaves mauriciennes

jeudi juillet 8, 2021
Plongeuse tortue dans l'eau

Joyau de l’océan Indien, l’île Maurice est autant réputée pour la beauté de sa végétation tropicale que pour la splendeur de ses fonds marins. 

En plus de ses cocotiers, oiseaux du paradis et flamboyants, l’île Maurice abrite une multitude de poissons multicolores, de jardins de coraux et des tortues de mer que l’on peut croiser en nageant dans le lagon. 

Pour les plongeurs, la destination est incontournable. Pour ceux qui ne le sont pas encore, l’envie d’aller explorer les trésors du monde silencieux est telle qu’il est difficile de ne pas tenter l’expérience.
Pour ma part, je n’ai pas résisté. Et je me suis immergée avec éblouissement dans ce monde aquatique féerique. Laissez-moi vous raconter…

 

L’île Maurice, paradis des plongeurs

Installée à la table du petit déjeuner, je vois mes voisins en pleine effervescence. Ils avalent leur petit déjeuner à la hâte, vérifient leur sac à dos, s’assurent d’avoir bien pris maillots et serviettes. Ils sont sept, heureux et excités comme des enfants. 

J’ose leur poser la question : « Bonjour, vous partez en excursion ? ». Tous me répondent en choeur : « Oui, au Stella Maru ! ». 

Je me sens idiote de ne pas connaître, moi qui ai étudié la carte de l’île Maurice pendant des heures. « Où cela se trouve-t-il ? ». L’une d’entre eux sourit et me répond : « Au large de Trou-aux-Biches, sur la côte Nord-Ouest. C’est une épave coulée à 22 mètres de profondeur. Nous partons faire une plongée aujourd’hui. Vous voulez nous accompagner ? »

Après quelques minutes d’hésitation, j’accepte. Je reporte au lendemain mon excursion à vélo : l’occasion est trop belle. Bien entendu, je n’ai pas l’intention de partir explorer les fonds marins, ma dernière plongée remontant à des années. Mais peut-être est-ce là une belle occasion de remettre le pied à l’étrier !

 

Epaves et merveilles aquatiques

Nous partons d’Anse-la-Raie en mini-van, et arrivons une vingtaine de minutes plus tard au centre de plongée de Trou-aux-Biches. Pierre nous y attend, le sourire aux lèvres. Il laisse chacun enfiler sa combinaison et prendre son équipement : masque, palmes, gilet, détendeur et poids pour permettre l’immersion. Les bouteilles attendent déjà les plongeurs sur le bateau. 

Moment crucial, Pierre donne les consignes et explique les caractéristiques du site. Le Stella Maru est l’épave d’un bateau japonais long de 44 mètres. Le site, facile et accessible, abrite une grande variété de poissons : poissons-chirurgiens, poissons-demoiselles, poissons-clowns, platax. Avec en prime une murène javanaise qui y a élu domicile, à ne pas approcher de trop près !

Une fois le briefing terminé, nous nous dirigeons vers le ponton et embarquons sur le bateau à moteur. Les binômes échangent quelques mots durant la traversée mais l’ambiance est à la concentration. Arrivés sur le site, les plongeurs s’équipent de leur bouteille et s’installent sur le rebord du bateau. 

Trois, deux, un : tous se laissent basculer en arrière en même temps. Après le petit signe de la main qui indique que tout va bien, les silhouettes s’enfoncent dans les profondeurs de l’océan. La mer est calme. Je me laisse bercer par le mouvement des vagues et par la voix de John, moniteur aujourd’hui reconverti en capitaine de bateau. 

Des sites de plongée nombreux et accessibles à tous les niveaux

« Et toi, tu ne plonges pas ? »

  • J’ai plongé il y a quelques années mais je n’ose pas m’y remettre. 
  • Dommage : l’île Maurice, c’est l’endroit idéal pour ceux qui débutent ou reprennent la plongée. Ici, tu as tout ce qu’il faut : des sites faciles et d’autres plus compliqués, des arches, des grottes, des tombants, des épaves. Quel que soit l’endroit où tu te situes sur l’île, tu peux trouver des sites de plongée pas loin. Le nord de l’île, c’est ce qu’il y a de mieux pour se remettre à niveau ! »

En même temps qu’il surveille l’eau, John me décrit ses spots de plongée favoris. L’Aquarium et l’épave du Silver Star dans le Nord-Ouest, le parc marin de Blue Bay, le canyon de Roches Zozo et les grottes de Colorado dans le Sud-Ouest de l’île, les sites de Cathédrale et de Casiers à Flic-en-Flac, ainsi que les épaves, nombreuses à l’île Maurice. Rien que dans le nord et l’ouest de l’île, quinze y ont été coulées. Véritables refuges pour les poissons, elles constituent des observatoires extraordinaires pour les passionnés du monde sous-marin. 

Au fil des anecdotes, j’apprends que l’épave du Stella Maru s’est redressée sous l’eau lors d’un cyclone, et que celle du Sirius est bloquée dans la passe de Mahébourg depuis 1810, date à laquelle le navire de guerre anglais s’y est échoué. 

Embarquée par la verve de John, j’ai l’impression que nous avons à peine commencé à discuter quand je vois les premiers plongeurs remonter à la surface. Je sais alors que je serai moi aussi dans l’eau lors de la prochaine sortie plongée. 

 

A la découverte du Coin de Mire : une biodiversité incroyable

Ciel bleu, légère brise marine, belle visibilité, eau à 27° : l’été austral m’offre des conditions idéales pour ma première plongée à l’île Maurice. Le rendez-vous est fixé à 8h30 sur la plage de Péreybère. Une légère appréhension me noue l’estomac, que j’oublie dès que j’embarque sur le bateau. Nous nous dirigeons vers le Coin de Mire, réserve naturelle au profil majestueux située derrière la barrière de corail. Nous plongeons aujourd’hui à Carpenters, à la pointe Sud-Est du Coin de Mire. Pierre m’a prévenue : le site n’est pas aisé pour les plongeurs débutants en raison de sa topologie et des courants marins. Mais il est tellement merveilleux qu’il est incontournable. Pierre se propose d’être mon binôme pour cette plongée. Rassurée, je me laisse glisser dans l’eau. J’effectue quelques respirations pour vérifier que je peux correctement respirer. Et nous démarrons la descente par paliers. Sous mes yeux, des carangues, des fusiliers, des barracudas : la profondeur du site attire des espèces impressionnantes comme ces fameux pélagiques. J’aperçois une faille, vers laquelle nous nous dirigeons progressivement pour accéder à un tunnel. Les gorgones, coraux, nudibranches et poissons-feuilles créent un spectacle magique, presque irréel. Silence, apesanteur, mouvements élégants et explosion de couleurs : je redécouvre le bonheur de la plongée, partageant à mon tour l’enthousiasme des passionnés. 

Après 40 minutes d’exploration, nous remontons tranquillement à la surface. Les sourires qui s’affichent sur les visages de la palanquée valent tous les mots. 

C’est alors que Pierre brise le silence : « Prochaine plongée mardi à la Fosse aux Requins, à l’île aux Pigeons à côté de l’île Plate. Des motivés ? ». 

Compte tenu de mon niveau, je ne serai probablement pas de la partie pour cette future expédition. Mais j’espère avoir la chance de ressentir un jour le grand frisson des plongées profondes au milieu des squales. 

 

Crédit photo: Mes Ptits Bouts du Monde

Fleur Ecrit avec amour par Fleur

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