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Saint-Brandon : croisière de l’exceptionnel

lundi août 2, 2021

Tous les Mauriciens en parlent comme d’un lieu extraordinaire. Alors pour qui est émerveillé par l’île Maurice, la curiosité est nécessairement éveillée. 

Au milieu de l’Océan, un lagon immense peuplé de poissons, de tortues de mer, de raies et de requins, doté d’une flore incroyable, ancien repère de pirates composé d’îles aux noms enchanteurs : Saint-Brandon est l’archipel de toutes les merveilles. Lieu de pêche par excellence, il est également devenu une destination prisée des fans de nature sauvage et de paysages à couper le souffle. 

Ritesh m’y a emmenée le temps d’une soirée, éveillant mes envies de prendre le large et d’aller explorer des territoires inconnus. 

Saint-Brandon, le joyau mauricien

C’est lors d’un trajet en voiture que j’ai, pour la première fois, entendu parler de Saint-Brandon.
Ce nom m’était inconnu. Mais dans la bouche de Ritesh, l’endroit semblait réputé. Il faisait en tout cas partie de son quotidien de pêcheur. En pleine discussion avec le capitaine de son équipage, il évoquait les préparatifs pour un départ prochain. Après-demain, ou peut-être la semaine prochaine, en fonction des conditions météos. 

Intriguée par le nom comme par l’ensemble des précautions qui semblaient devoir accompagner cette sortie en mer, je voulais en savoir plus. 

« Saint-Brandon, ça ne se raconte pas en 5 minutes vous savez. C’est un monde à part. Venez dîner à la maison demain, je vous raconterai. »

Le lendemain, c’est attablée devant un succulent bryani que je découvre, émerveillée, l’existence de cet archipel. 

36 heures de bateau et 415 kilomètres à parcourir au Nord-Est de l’île Maurice permettent d’atteindre ce territoire mauricien figurant parmi les îles éparses (tout comme Agaléga, l’île Tromelin ou l’archipel des Chagos) et appartenant à l’archipel des Mascareignes. 

« Quand vous arrivez là-bas, l’eau est turquoise et transparente, c’est magnifique. Il y a des bancs de sable partout, dans un lagon de 2 300 km2. Vous dire combien d’îlots constituent Saint-Brandon ? Entre 28 et 40 : avec un niveau presque égal à celui de la mer, il suffit d’un cyclone ou d’une tempête de sable pour en faire disparaître un. L’île Raphaël et l’île du Sud sont les 2 îles principales de l’archipel, sur lesquelles sont implantés la station météo et les postes des garde-côtes. »
La Baleine, Cocos, Avocaire, Petit Mapou, l’île aux Bois : il me suffit d’écouter Ritesh évoquer les noms des îlets pour partir à quelques centaines de miles nautiques de Port-Louis. Et imaginer l’aventure que représente une croisière à Saint-Brandon. 

Saint-Brandon, le paradis des pêcheurs

« Saint-Brandon était habité au XIXe siècle. Par des hommes surtout, et quelques femmes à certaines périodes. Aujourd’hui, on dit qu’il y a une soixantaine de personnes migrantes à Saint-Brandon, surtout des pêcheurs qui vivent sur l’île Raphaël, ainsi qu’une dizaine de garde-côtes qui se relaient pour assurer la surveillance. Nous, on y vient plusieurs fois par an et on y reste 3 semaines à pêcher du matin au soir. »

Et pour cause : véritable aquarium, Saint-Brandon abrite dans ses eaux cristallines carangues, mérous, capitaines et babones. Les prises y sont nombreuses et permettent de fournir le marché mauricien en poissons.
Le reste de la faune et de la flore y est tout aussi extraordinaire : oiseaux marins, tortues vertes, requins-marteaux, requins-tigres, requins pointes blanches, ainsi que divers types de raies dont l’espèce rare de raie porc-épic. L’environnement naturel préservé fait du lieu une référence en matière d’écotourisme et de biodiversité. 

Saint-Brandon, le nouvel eldorado des amateurs de paradis sauvages

Au fur et à mesure que Ritesh me décrit Saint-Brandon, des images se forment dans mon esprit. Jusqu’à faire naître l’idée de découvrir, moi aussi, ce lieu inédit. 

« Et si on n’est pas pêcheur, peut-on y aller, à Saint-Brandon ?

  • Il faut une autorisation spéciale à demander au Ministère pour accéder à Saint-Brandon. Mais une certaine forme de tourisme se développe tout de même là-bas. On y voit quelques catamarans, avec des touristes ou des Mauriciens venus passer quelques jours pour faire du kitesurf, de la plongée ou du snorkeling. Et se régaler de leur pêche du jour à chaque repas. Mais comme tous les endroits paradisiaques (et isolés du reste du monde), Saint-Brandon se mérite ! La traversée peut être houleuse et pénible. Mais ce qui vous attend à la fin est tellement magique qu’on oublie vite le mal de mer. »

Alors que je m’imagine vivre à la Robinson au milieu d’un paradis terrestre, déconnectée de tout, Ritesh précise : « Il faut aussi que vous sachiez qu’à Saint-Brandon, il n’existe qu’une seule boutique, ouverte uniquement une heure par jour. On peut y acheter du riz, du lait, de l’huile. A peine plus. Et pas besoin de consulter ses mails : Internet n’est pas encore arrivé jusqu’à là-bas ; le seul moyen de communiquer avec l’île Maurice, c’est le téléphone satellitaire. »
Loin de me décourager, Ritesh me donnerait presque envie de rejoindre son équipage !

 

 

Fleur Ecrit avec amour par Fleur

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